PINGUINS RECORDS: since 1993
Le 25 juil 08 dans la rubrique 'Interviews'.
Un magasin de vinyle qui fête ses quinze ans, ça ne se produit pas tout les jours. A Montpellier, on détient donc un des plus vieux shop de son qui existe en France, et on est pas peu fier. En plus d'être d'une gentillesse et d'une lucidité incomparable, les Pinguins entendent bien tenir bon face à la crise du disque qu'on nous assaille ici et là. Rendez-vous le 1er Aout @ La Villa Rouge pour fêter comme il se doit les quinze de prise de risques de ces jukebox ambulants! Entretien avec un empire!
PINGUINS RECORDS: since 1993
DANZCA: Pinguins Records Since 1993 (preview)

Créer un magasin de disques n'est pas de tout repos. Aussi, les membres de pinguins records ont certainement eus peur, très peur, quand l'ère d'Emule et d'internet à sonnée l'heure de la fin du règne analogique et signée le commencement de la toute numérisation. Cependant, leur volonté n'avait d'égal que leur passion, aussi ils font front depuis aujourd'hui quinze ans et entendent bien perdurer cet exploit, qui en est bel et bien un en soi.
Crée en parallèle à l'association La Tribu Des Pinguins, l'institution de Pinguins Records rassemblaient donc en fait les quelques initiés de la house music que commençait à compter la France. Loin de la hype chic de Paris, le sud entretien une relation étroite avec la rave attitude. Organisants des soirées qui deviendront en l'espace d'une paire d'année l'illustration évènementielle d'une époque dorée, les Pinguins sont de ces gens qui forcent le respect.
Les Boréalis, c'est eux! Ce festival dont tout nos ainés nous parlent, qui était le regroupement électronique le plus ambitieux et le plus fréquenté de France était d'organisation Pinguine. Regroupant même Daft Punk et Chemical Brothers sur la même scène, chose qui semble quasi-impossible aujourd'hui.
Aujourd'hui arborant la (grosse) trentaine assumée, les Pinguins fêtent comme il se doit leur quinze ans en proposant un coffret unique et collector comprenant un disque vinyle avec des tracks de Danzca, Phil Autuori, Vincil From Ummo, un tee-shirt signé par le grand Supakitch. Le tout disponible à la boutique des Pinguins donc, mais également chez Catwalk.
PINGUINS : QUINZE D’AMOUR DE LA GALETTE
Racontez nous la naissance du projet initial de Pinguins.
Willy : Au départ on s’est connu au lycée pour la plupart, une bande de potes quoi.
On était tous dans le rock, la new wave. Au cours d’une rave qu’on avait découvert à cannes, au LimeLight en 1991, on a voulu faire pareil à Montpellier. De là on a créé l’association La Tribu Des Pinguins. Pour faire une première soirée et une émission de radio sur l’’Eko des garrigues’. Pourquoi les pinguins? Parce que c’est un animal qui se déplace en bande, et on cherchait un truc marrant sans se prendre au sérieux.
La naissance du magasin, c’est à l’origine deux potes de l’association, Stéphane et moi…
Stéphane : on avait déjà des centaines de disques à la maison, on était surtout passionné par le disque en lui-même, le vinyle, je faisais de la discomobile, on avait fait deux trois trucs avant quoi.
W : Quand on est arrivé, on était un des premiers…
S : pas LE premier, il y avait eu un shop qui a tenu, 8 mois… Donc on a été vraiment le premier, ouvert en octobre 93, né donc de notre amour de la musique et du disque.
W : L’histoire c’est que j’étais parti en Angleterre, et à cette époque là ça commençait à péter. En revenant j’ai branché Steph’ qui était un de mes meilleurs amis et je l’ai ainsi persuadé de me rejoindre dans ce projet. C’était pas évident pour lui car à l’époque il était chef-cuisto, donc il a quand même eu le courage de tout plaquer pour me suivre.
S : C’est surtout au niveau de la paye que ça me repoussait… (rires)
Non mais, quand c’est une passion, ca te pose pas de soucis de gagner moins, tu apprends à te nourrir d’autre chose que de la tune ! Ca m’a pas forcément fait super peur.
Vous avez fait comment au début, vous avez fait des emprunts pour racheter un fond de commerce, un local etc ?
W : Rien, que dalle, on a tout monté, on est arrivé dans un local tout pourri rue de la Méditerranée, on allait chercher les disques en voiture à Londres, on les ramenait à l’arrache complet en caisse… Les toutes premières fois je me rappelle on vendait les disques chez moi, il y avait genre six ou sept clients !
Une sorte de braderie ?
S : Ouai voilà ouai, une braderie. Il y avait Alcid (connu aussi sous le nom de Dj Key, reconnu dans la région depuis plus de dix ans comme un dj activiste électro- drum n’ bass NDLR), Ivanov, le p’tit Nico, bref tout ça pour dire que ces mecs là ils continuent à acheter leur disques chez nous. Ce qui peut aider à expliquer des choses.
W : On a donc démarré comme ça, dans ce shop miteux jusqu’en 95, après quoi on a commencé à se sentir a l’étroit. On connaissait un mec qui avait l’envie de monter un magasin aussi sur Montpellier, mais qui n’a pas pu le faire, il nous a donc aidés en nous dégottant ce plan. (les Pinguins sont installés dans ce shop rue Verdun en face de la salle de concert le Rockstore depuis 1995 NDLR).
S : Jusque là, ca commençait à prendre pas mal d’ampleur tout ce mouvement techno-house, mais pas encore au niveau de la vente. Aprés notre arrivée ici il a fallut être, disons plus professionnels dans la mesure où cela commençait à aiguiser des appétits.
ENVOYE SPECIAL: PINGUINS RECORDS
Vous êtes donc un des plus vieux shops spécialisés électro.
W : Ouai, spécialisés vinyles et électro.
S : On doit même être un des plus anciens et des meilleurs en France hein je pense, quinze ans, doit pas y en avoir des masses des comme nous! (rires)
Comment on construit aujourd’hui un business sur un marché à la crise évidente ?
S : On ne le construit pas, tout simplement !
Comment on se défend alors ?
S : Dans le service, la qualité des disques, et dans la culture…
N’y a-t-il pas non plus un peu de tradition aussi: des gens qui viennent depuis quinze ans chez vous fréquemment ?
S : Oui c’est sur qu’il y a un sillon qui a été formé. Maintenant avec internet ca ne suffit plus. Il faut continuer à écouter les disques et savoir pourquoi on vend du vinyle. Ce qui choque par rapport à ce que l’on a connu nous, c’est qu’avant, c’était vraiment des passionnés, aujourd’hui ça s’est démocratisé, et tout le monde est dj, tout le monde télécharge, du coup ces gens-là perdent de l’authenticité, donc de la qualité. L’oreille tu ne peux pas te la faire comme ca, il faut du temps et de l’écoute massive de son, en ayant des disques de qualité.
Vous êtes de nos ainés qui ont aidés à la démocratisation de l’électro en tant que réelle musique.
W : Parce qu’on s’est battu pour ça! Chose qui ne parait pas évident pour des gens de ta génération. A l’époque organiser une soirée c’était vraiment prendre des risques, tu pouvais à tout moment te faire chopper par les flics pour deal, pour organisation de soirée non autorisée, tu terminais en garde à vue…
S : Pour l’anecdote, l’association Technopole, l’association qui organise la Technoparade, s’est créé à cause de nous. A l’époque on organisait les Polaris, Boréalis version hiver. On devait donc la faire aux Halles de Lyon mais l’association des Discothèques de Lyon a fait pression sur Raymond Barre pour qu’on ne puisse avoir l’autorisation que jusqu’à 1h. Tu imagines bien qu’après ça on a fait bouger les choses. On devait quand même avoir Prodigy, Carl Cox…
BOREALIS 1998
La nostalgie de cette époque dorée est-elle gérable ?
S : La nostalgie oui, mais c’est normal parce qu’au niveau des fêtes, on pouvait dépenser beaucoup d’argent quoi…
W : Non mais il y aussi le fait que c’était le début. Puis un mouvement qui nait, tu vois, quand en plus tu participes à la construction de celui-ci, en apportant les premières pierres, c’est énorme comme sensation. Les gens que tu rencontres à ce moment là, c’est énorme, cet esprit de communion, de partage d’un même truc, c’est énorme !!
S : Puis cette musique là, avec un pied, une musique binaire, personne n’avait vu ça ! Kraftwerk, Brian Eno avait déjà fait ça mais bon. Ca a été une énorme claque pour tout le monde.
W : Ce qui est marrant c’est que y’en a, ils ont pris le mouvement il y a genre trois ans, et t’as l’impression qu’aujourd’hui ils sont déjà blasés; tu vois. Nous il y avait ce côté découverte, hyper motivant, intéressant, enrichissant. Chaque fête était différente, c’est là dessus où je suis nostalgique moi, sur l’engouement des gens pour le truc.
S : Moi c’est la liberté, cette notion de toucher ensemble à un truc où personne qui pouvait nous faire chier, les mecs du rock n'étaient pas là pour nous casser les couilles, les gens n'étaient pas là pour se montrer non plus. A l’époque, les blacks et les rebeuhs, ils rentraient pas en boite, sous l’ère Corti et tout, parce que c’était ca le deejing à l’époque. Alors que nous y’avait pas de classe sociale quoi. A partir des années 80 avec les radios libres, on a commencé à avoir accès à un truc cool, la musique libre de sélection, là on a commencé à avoir un vrai accès à la musique.
Aujourd’hui les jeunes, aller dans la nature, ca les fait chier, ça n’a rien d’extraordinaire, ils veulent se montrer, la musique n’est plus forcément la priorité, telle famille musicale est marquée d’une certain façon de se sapper. A l’époque c’était pas bon ça, c’était mal vu même, se fringuer en marque Versace et tout, oulahlah, c’était pas bon ca, c’était ce dont on se rebellait en fait. Aujourd’hui les dogmes se sont déplacés, les jeunes ils pensent qu’à poser avec leur plus beau tee-shirt sur Tilllate, ils consomment la musique comme on le leur sert.
Sur internet, la société de consommation a enrobée la musique aussi. Les gens pour la plupart bouffent la musique de grande distribution, ils consomment vraiment, cette notion de discount musical, c’est le mauvais côté d’internet. Peut pas y avoir que des bons cotés, après il y a d’autres personnes qui vont justement te dire qu’avec internet justement ils tournent, ils ont plus de dates… Ouai ok, mais ça n’aide pas la musique à mon avis, parce qu’ils ne vendent plus de disques, ils y perdent au final parce que n’il y a pas de qualité, c’est très bien l’évolution des choses, ça on l’accepte, mais c’est dommageable pour la musique au final, toutes les musiques.
ESCALASAIRES, LA TRIBU DES PINGUINS 1995
En quinze ans vous avez du voir défiler des courants artistico-culturels en pagaille. Lesquels vous ont fait marrer, lesquels vous y avez crus… ?
S : Le premier qui me vient à l’esprit c’est la Makina. J’ai jamais vendu un disque de Makina (rires).
W : C’est le descendant de la Hardstyle et l’ancêtre du jumpstyle.
S : Musique spécifique à Valence, un sorte de Trance-core club.
W : les belges ont récupéré ca…
W : les belges et le suisses ils ont récupéré ça les trucs bourrin… Au début on vendait pas de ça, on était trop pointu, trop intègre, y’a des trucs qu’on n'a pas fait, et si on les avait fait, on aurait doublé voire triplé notre chiffre d’affaire.
S : Comme l’article de Trax qui parle d’un truc qui n’est pas faut pas qui date d’il y a dix ans.
Ca racontait quoi ?
S : Ca raconte qu’on engueulait les clients qui n’achetaient pas les bons disques. (rires)
Tout le monde achetait les mêmes disques à une certaine époque. On aurait pu être plus commerçants et professionnels et vendre plus de trucs commerciaux.
W : Ca, c’était il y a quelques temps, sinon aujourd’hui il y a la Tecktonik.
Gros cas que celui de la Tecktonik !
W : Beh oui, parce que là on est complètement dans la société de consommation avec un produit qui a été créé par les Majors, décidé et produit par les Majors, «on va le faire bouffer aux jeunes» et ca marche grâce à la tv. La manière dont c’est exploité c’est abusé!
S : Socialement je trouve ça intéressant moi la Tecktonik. C’est un peu comme le hiphop à l’époque, sauf que y’a pas le support musical…
W : Ouai attends mais il y a pas non plus de revendications, c’est quoi les revendications de la Tecktonik, porter du Dolce Gabana ? (rires)
S : Moi je vois ça dans le fait que les jeunes font quelque chose, ils se retrouvent, ils dansent, en fonction de ce que la société leur offre ou non, comme le hip hop à l’époque.
Oui mais il n’y a pas ce processus de création artistique complète. La musique vient de ce qu’on leur donne.
W : Voila exactement. Tu leur fait des compilations que tu peux acheter de partout à Carrefour, Auchan etc et ils les achètent et dansent dessus, ca pue la grande consommation.
S : Le côté pourri c’est qu’il n’y a pas de culture musicale propre c’est vrai! Par rapport au hip hop, la y’a pas de culture politique. Le mec il va venir il va me dire : «je veux de la tecntonik»(rires). Je lui dit «tu sais la Tecktonik c’est pas de la musique.»
La Tecktonik est assez similaire à ce qu’on peut écouter en ce moment sur les blogs banging, french touch 2.0 quand même. Dahlback, Mondotek…
S : Je t’arrête de suite. Dahlback et Mondotek tu peux pas les mettre dans le même sac. Dahlback il fait du son depuis dix ans.
Justement certains puristes idolâtrent Dalhback alors qu’ils chient sur la Tecktonik.
W : Il y a quand même quelque chose d’antinomique dans ce que tu dis là. Je vois pas comment on peut être puriste et écouter du Dahlback…
S : Willy t’as plus vingt ans bordel. Tas pu être touché par certains trucs, mais faut relativiser là. Dalhback il a sorti des trucs sur Svek Records attends, évidement que tu peux l’être… Il a eu un tube qui a pété, ok c’est peut-être plus accessible, son son-là, ‘blink’ il tient super bien la route quoi.
BOREALIS, ARENES DE NIMES, 1994
Parlons de French Touch.
W : Hahaha! La french touch c’était très grand, c’était énorme ca! Il y a eu la techno, l’électro. Arrivé en 1994, il y a eu un groupe qui a mis tout le monde d’accord. Un groupe qui a fait découvrir l’électro au grand public, ce groupe là il est Français, il s’appelle Daft Punk. Ces mecs-là sont arrivés, ils étaient inconnus, ils ont fait deux Ep, suivi d’un album, ils ont tout fracassé, ils ont vraiment démocratisé l’électro. A partir de là ils ont lancé ce qu’on a appelé la French Touch. C’est vraiment grâce à eux que toute cette vague a pris. Les Cassius et tout. C’était vraiment énorme d’autant plus que pour la première fois on s’exportait et on passait pas pour des tocards. On était vraiment fier de dire que c’était Français.
Et Garnier ?
W : Garnier aussi, mais c’était déjà plus underground.
S : C’était déjà plus Paris ça, ça nous a peut-être moins touché.
Paris n’a pas joué un rôle dans la démocratisation de l’électro ?
S : Par rapport au business, à l’organisation des soirées oui, mais musicalement non. Les soirées Mozinor, les Champignonnaires…
W : Farfa, des Dj comme ça ouai, on les voulait aussi à Montpellier, ça oui, mais pas vraiment quoi en fait sinon. Pour les soirées, nos Boréalis, on se calquait sur les Anglais ou les Allemands.
15 ans après, pensez vous avoir toujours le même amour, le même désir de la musique et de son partage ?
W : La passion c’est comme tout, elle est là mais elle s’est estompée un peu. Un peu de lassitude. Pour continuer de toute façon à faire ce métier avec tout ce qu’on dit sur la musique, qu’elle va mourir, que ça va mal etc, il faut quand même être amoureux hein, avoir la foi encore !
La frustration de savoir que les jeunes n’achèteront peut-être pas, voire jamais de disques chez vous n’est elle pas trop lourde ?
W : Ca dépend, des jours on se dit « putain c’est foutu »…
Y a t-il eu un moment ou une année ou vraiment vous avez vécu de plein fouet la crise ?
W : l’an dernier ouai. Vraiment fin 2007 on a pris une sale claque.
La nouvelle french touch n’a pas eu de répercussions sur vos ventes ?
W : Beh non, avec internet, les jeunes ont fait leur choix entre la qualité et le prix. Aujourd’hui il y a trois support, donc bon, pas vraiment en fait, non.
S : Avant il y avait beaucoup de petits artistes qui vivaient de cette démocratisation de l’électro. Aujourd’hui c’est que les plus gros hein. C’est super dangereux de vouloir vivre de la musique aujourd’hui.
W : On aurait pu croire à un moment que justement comme tout le monde veut être dj, tout le monde va bouffer de la musique et du vinyle, mais au final non, absolument pas, plus personne n’en bouffe, tout le monde s’approvisionne sur internet.
S : C’est comme l’information en fait. T’as tout un blabla et l’essentiel de l’information passe au travers, en plein milieu, si t’arrives pas à y faire attention et à la décrypter, t’es baisé ! IL n’y a plus de filtrage quoi en fait. Ils viennent plus en magasin, ils prennent eux-mêmes, sans avoir de bonnes oreilles, c’est plus que « ah c’est pas mal ca », comme c’est gratos, ils s’en foutent quoi, ils passent à autre chose après.
N’y a-t-il pas des solutions ?
W : Si bien sur ! Il faut penser autrement juste. Il faut garder le vinyle ! Un exemple tout con, ma mère, j’avais vingt ans, le cd venait d’arriver, elle me disait déjà : « ouai t’arrêtes l’école t’es un malade, et avec le cd qu’allez vous faire du vinyle et tout ». On nous tenait déjà ce discours du « vinyle est mort ». Se battre c’est défendre l’objet, le vinyle.
S : Puis quand tu mixes, tu n’es pas devant des chiffres au moins, et même si tu t’appelles Q-Bert ça devient un instrument de musique. Il y a un certain risque quand tu mixes avec du vinyle, il y a quelque chose, en plus du son unique du vinyle. C’est pour ca qu’on dit que les gens maintenant ils consomment, ils n’écoutent plus comme ce que tu peux le faire quand tu achètes ton vinyle.

Les jeunes qui écoutent de l’électro 2.0 sur leur iPod et qui risquent de jamais acheter de disques représentent ils un nouveau marché à prendre ou n’est ce qu’un fléau que la numérisation de la musique et de l’art en général ?
S : Je pense qu’il y aura des bornes mobiles, tu viendra avec ton support, clés usb ou autres, tu donnera 2€, 3€ et tu téléchargeras le tube de l’été, ça sera ça et internet.
W : Apres les 5% de crâmés comme nous défendrons toujours l’objet. Puis après au moins tu peux le revendre. Le disque dur, c’est risqué aussi hein, le jour ou tu le crames, tu perds tout, t’es niqué!
S : Faut aller plus loin que le simple discours sociétaire qui te pousse à consommer. Le ‘paraitre’, c’est ça qui fait chier en ce moment. C’est se travestir quoi, tout le monde fait pareil, sans forcément essayer de ressentir quelque chose. Maintenant, le « je suis sur internet, j’emmerde tout le monde ». Ouai sauf que t’es un putain d’autiste en fait, tu ne rencontres plus personne, alors qu’à l’époque c’était l’inverse nous, on voulait se rencontrer. C’est ça le côté chiant d’internet, il ya une putain de révolution, et dans tout ça beh t’as un putain de déchet quoi, vraiment!
1999, Boréalis, festival super culte, mini tornade, annulation du festival, début d’un déclin…
W : Ca a été très difficile. L’annulation a entrainé des coûts directs, ça nous a foutu dedans de suite, endettés et tout. Les assurances ont mis des mois pour nous rembourser, on n’a pas pu du coup enclencher l’édition suivante, parce que pas de tunes, et l’un dans l’autre ça a entrainé une démotivation totale et générale, le coup au moral a été super dur, tu n’imagines même pas! Puis on s’est rendu compte que ce n’était pas une priorité pour tout le monde, ce n’était plus un bloc uni. Donc on a préféré mettre un terme après une très bonne note, que de toute façon on ne pourrait plus faire un truc de la même intensité.
Pour les dix ans, n’avez-vous pas voulu refaire une édition posthume ?
S : Trouve moi quelqu’un qui allonge l’argent, je te fais directeur artistique, programmateur, je te fais tout. J’ai répondu à ta question, c’est financier mec!
W : Il a aussi fallu se reconcentrer sur le magasin, puis il a fallu tout rembourser, ca été très dur moralement! Donc, refaire un truc comme Boréalis, on y a pensé, mais la gnac n’était quoi qu’il arrive plus la! Puis s’arrêter sur un très bon évènement, c’est quand même mieux que de refaire un truc pourri, à moitié loupé, avec une sale image… Avec le recul je pense qu’on a pris la bonne décision.

Niveau festivals, pourquoi on n’a pas les mêmes affiches qu’au Sonar, Benicassim ?
W : Les sponsors man, les alcools, le tabac, c’est dingue le fric qu’ils t’apportent !
S : La musique électro maintenant c’est incorporé au business, les mecs ils prennent un bras, tu fais comment?
Pour finir, parlons du coffret qui sort pour les quinze ans de Pinguins.
S : On est content ouai, collaboration avec Supakitch, Pinguins Records. Ca faisait un moment qu’il voulait faire un truc avec nous. On a vu son TeeShirt et on a dit ok!
Et avec un track de Danzca !
S : Ouai, on a appelé Paul (Nazca NDLR) qui nous a dit qu’il faisait un truc avec Maxime Dangles, signé chez Kompakt à la rentrée, mais ils nous ont filé un track. Il y a aussi un autre track plus broken beat, un autre plus Chicago. Les tracks ne seront pas ressorti par la suite, ça restera collector. Puis le vinyle et tout tu le garderas, tu le mets au mur ou quoi. On verra si ça marche. Mais c’est bon de voir qu’il y a des jeunes qui s’intéressent encore au truc.
W : On espère en tout cas que ca marchera, on va voir !
PLAYLIST PINGUINS RECORDS spéciale 15ans ! (pas d'ordre particulier)
- APHEX TWIN : window licker
- THE ORB : uf orb
- AUDION :just fucking
- PLUMP DJ'S :soul vibrates
- UR :world to world
- CHEZ DAMIER :untitled kms49
- RITCHIE HAWTIN :vapourspace
- VITALIC :poney ep
- DAFT PUNK :rolling&scrachting
- JOHN DAHLBACK :blink
- THOMAS SHUMACHER :when i rock
- PRODIGY :smack my bitch up
- L.NAVARRE & L.GARNIER :acid eiffel
- MODESELEKTOR :hello mum!
- PENDULUM & FRESH :tarentula

www.pinguins-records.com
www.myspace.com/pinguinsrecords













Commentaires
26/07/08
21:33
On ne le dira jamais assez, ces mecs là nous ont menés là où on est, et ils méritent bien qu'on lâche quelques euros tout les mois, ca devrait être obligé par l'état même!
Un grand merci à eux en tout cas! ET VIVE LES PINGUINS
27/07/08
02:13
et si on fait gaffe on voit meme dj key aka alex a 20 piges completement pété en train de danser comme on le fera jamais
27/07/08
18:27
Yeahhh bennbob ! t'as vu papy key ! j'avais de l'énergie a revendre ce soir là !!! lolll
Mais j'suis toujours présent sur le dance floor ! et pas près de le quitter tant qu'il y aura du bon son !
BIG UP à toi et ezella !
Tiens un ptit kado pour que tu rigoles :
fr.youtube.com/watch?v=Dj...
regarde le warrior ! je mixe avec le poignet cassé ! lolll
28/07/08
03:10
roooh ça me rappelle de trop bons souvenirs les Boréalis! celle avec Daft Punk j'y étais (devant) et yavait aussi Laurent Garnier!
le TShirt Supakitsh dans le coffret (que je vais acquérir obligé) il existe en taille fille ??? :)
28/07/08
03:36
beh j'en sais rien en fait... j'ai demandé! :)
daft punk a borealis, un reve... pfff, c'est ca d'etre né apres la guerre
28/07/08
04:16
hé oui .... daft a borealis :)))))
Trop énorme !!!
et il me semble qu'il y a des tailles S pour les filles dans les t shirt :)))
28/07/08
07:43
Bon anniversaire les papys/tontons.
28/07/08
14:24
héhé, on aurait pu appeller cet article les "tontons flingueurs"
29/07/08
17:26
Oh punaise... ça le fait !!! En plus t'es arrivé à la bonne heure au shop :)
Ils sont super contents les Papys ! Bon boulot Benn...
Wai, les Teesh en "S" existent mais sont dispo qu'avec le vinyle en Coffret Collector.
A vendredi
++
30/07/08
12:10
waouu 8h40 je viens de me prendre un jet inversé dans le temps de fou , sven vath ca le fait de bon matin ... C trop bon de revoir tout ça merci merci heureusement que l on est pas passé à côté je vous embrasse Magali
PS delf arrive vendredi de london session je remate les vidéos obligé !!!!
31/07/08
11:19
haha, heureu d'arriver, meme dix ans apres, dans une sphere partagée par des gens comme ceux la!!!
31/07/08
16:47
yeah ! j'en ai appris des choses !!!
merci les Pinguins !!
04/08/08
19:13
hahaha ! en lisant l'interview, j'ai l'impression d'entendre le Grand : "Willy t'as plus vingt ans bordel !"
merci pour ces docs, ça rafraîchit la mémoire !!
on était bons quand même, non ??
05/08/08
04:04
on l'est encore hein!! ;)
07/08/08
03:02
haha vous etes tous ravissants la dessus!!!
07/08/08
06:05
trop bonnes les vibrations ! ah la belle époque! me suis régalée...
Merci willy et steph, merci à delf qui m'a joint le lien sur face book...
Trop heureuse de vous avoir rencontré tous et d'avoir partagé cette magie! énorme bond dans le passé, magnifiques souvenirs
encore mille fois merci!!!
xxx
07/08/08
06:12
je relisais la page de mon ordi à pékin (JO j-1) et l'accés aux videos est interdite ici en chine, étonnant, non?! suis frustrée...
je vous embrasse
07/08/08
13:25
Yo Nono, tout le monde semble ravi de ce flashback!
Mais, à mon avis ce n'est que le début de la résistance pour les Pinguins!!
On fera tout pour que cette institutions demeure...
PS/ beh fallait pas aller en Chine aussi...
09/08/08
17:08
En tout cas voir autant d'engouement 15 ans après ...
ça fait vraiment plaisir :))))
et pour les 30 ans ???? On refait une "private borealis"
10/08/08
17:56
voila une idée qu'elle ets bonne
en tout cas, ca serait vraiment chouette de reflechir au retour des borealis
11/08/08
22:23
Je me suis fait niker tout mes cds la semaine derniere et j'avoue j suis dépité, mais de lire ces mecs me redonne foi en mes vinyles dont 90% viennent de pinguins records.
peace
12/08/08
11:54
l'esprit perdurent messieurs, en témoigne notre ami, mi-dj, mi-rugbyman!
hahaha
15/08/08
20:28
Que du pur, que du bon !!
Un revival authentique qui fait plaisir à voir !!!
on n'a pas trop changé en fait, hein ?? :-))))
Allez, biz à tous et à très bientôt !!!
18/08/08
18:26
pour de nouvelles aventures chocolatées???
30/08/08
02:54
héhéhé bin ça fait bien plaisir de voir et donc de retrouver ces vieux souvenirs, j'ai même l'impression de ressentir la poussière.... j'avais oublié à quel point Jeff Mills avait tout déchiré......mais dommage que l'on ne puisse pas revoir le set de Garnier et cette vague humaine mémorable.....
merci en tout cas pour tous ces très bons moments, 10 ans après on en reparle encore entre nous, et tant pis si l'on passe pour de vieux cons...
30/08/08
05:19
Les avec les vieux cons qu'on forme les bons jeunes pouces... non?
30/10/08
18:57
- crossover de forums -
> d'autres feedbacks ici : culture-electro.com/forum...
:)
09/10/09
22:19
euuuhhh...c'est quoi Boréalis!?
;)
Biz a Tous!
13/10/09
10:40
boréalis c'est le plus gros festival électro que la France ai jamais eu, organisé par nos Pinguins locaux ! Ca remonte à y' a plus de dix ans maintenant
12/12/09
20:26
ah ouai!
un truc qui ressemble a ca :
anthonyjhicks.com/categor...
avec des strobos a gaz!
:)))
ps: bien recu :mix house music november 2009.mp3
merci Willy
Express yourself